J’ai mal pour mon pays Mme Khardiata Lô Ndiaye

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J’ai mal pour mon pays parce que je sais que le Sénégal mérite infiniment mieux. Mais malgré cette douleur, je refuse de perdre espoir. Car le Sénégal a toujours été plus grand que ses divisions.

J’ai mal lorsque je vois tant d’énergie gaspillée dans des querelles qui ne nourrissent aucun enfant, ne créent aucun emploi et ne soulagent aucune souffrance.

J’ai mal de voir une nation pleine de promesses retenue en otage par des querelles qui n’élèvent personne, alors que les défis de la nation exigent de la hauteur, du courage, de la cohésion et de la vision.

J’ai mal pour ce Sénégal que nous aimons tous, mais que certains semblent oublier lorsqu’ils placent leurs intérêts, leurs rancœurs ou leurs ambitions au-dessus de l’essentiel.

Le peuple écoute avec stupeur et attend avec lassitude des solutions, de l’exemplarité, de la responsabilité.

Il attend des dirigeants capables de parler d’une seule voix lorsqu’il s’agit de l’intérêt national. Mais trop souvent, il assiste à un spectacle désolant où les mots blessent, divisent et détournent l’attention des véritables urgences. Tout est question de « ngour » et « ngouro », face au peuple qu’ils sont censés servir.

Qui parle aujourd’hui du diplômé qui cherche sa première chance ? De ces millions de jeunes dont l’horizon est bouché? Qui parle du père de famille qui peine à faire vivre les siens ? Qui parle de la mère qui lutte chaque jour pour offrir un avenir meilleur à ses enfants ? De cette ville capitale qui a elle seule, illustre à la fois notre goût pour le bien vivre et nos carences?

Le Sénégal vaut mieux que ces disputes. Le Sénégal vaut mieux que ces calculs à somme nulle. Le Sénégal vaut mieux que les batailles d’ego.

Nos anciens nous ont légué un pays respecté pour sa stabilité, son ouverture, son sens du dialogue et sa maturité. Nous n avons pas le droit de dilapider cet héritage dans des polémiques sans fin. J’ai appris de mes propres expériences que dans ce monde cruel, certaines fragilités dans la gouvernance se paient cher.

Mon cri n’est pas celui d’un camp contre un autre. Mon cri est celui d’une citoyenne qui aime profondément son pays et qui refuse de le voir perdre un temps précieux dans des combats inutiles.

Ce qui me fait mal, ce n’est pas le désaccord. Une démocratie vit du débat. Ce qui me fait mal, c’est la petitesse. C’est cette incapacité à s’élever au-dessus des rivalités personnelles lorsque l’avenir d’un peuple est en jeu.

Car pendant que certains se disputent, le temps, lui, ne se dispute avec personne. Il avance. Il emporte avec lui des opportunités perdues, des espoirs déçus et des années qui ne reviendront jamais.

Je rêve d’un Sénégal où l’on se concurrence par les idées, l émulation dans l’action et non par les insultes. Un Sénégal où l’on gagne le respect par le travail et non par le vacarme. Un Sénégal où l’intérêt de la nation est plus grand que l’orgueil des hommes.

Le Sénégal n’a pas besoin de gladiateurs politiques. Le Sénégal a besoin de bâtisseurs.

Il n’a pas besoin de champions de la polémique. Il a besoin de femmes et d’hommes capables de transformer les paroles en actes, le potentiel en résultats tangibles: des emplois, des écoles meilleures, des hôpitaux plus performants, une économie plus attractive, une vie moins chère.

J’ai mal pour mon pays parce que je sais que le Sénégal mérite infiniment mieux. Mais malgré cette douleur, je refuse de perdre espoir. Car le Sénégal a toujours été plus grand que ses divisions, et il le restera tant que ses fils et ses filles placeront la nation au-dessus d’eux-mêmes. Par Mme Khardiata Lô Ndiaye

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